On a chacun une phrase, une série de mots qui nous prend au cœur, nous blesse dans ce qu’on a le plus cher. Y'en a pour qui c'est un commentaire sur leur aspect physique, une critique sur leurs compétences ou les jugements sur leur orientation sexuelle ou encore leur race.
Pour moi c'est de me faire rappeler que je n’ai pas d’enfant.
Je comprends très bien que lorsque je rencontre une vieille connaissance de qui je n’ai pas entendue parler depuis le secondaire et qu’elle s’informe sur la situation, la question est légitime. La société prend pour acquis qu’une femme en âge de procréer, doit avoir un ou des enfants. On ne soupçonne personne d’être infertile ou stérile. C’est alors, qu'en guise de réponse, je sors mon plus beau sourire et je rigole sur le fait qu’on y travaille fort. Je mens pour éviter le malaise, mais aussi parce que c’est le genre de chose que je n’aime pas semer à tout vents.
Mais quand ta meilleure amie, celle que tu as depuis toujours, celle qui te connais par cœur souvent mieux que toi-même te lance à la figure un : « tu ne peux pas comprendre, t’as pas d’enfant toi », ca tue.
Que ca vienne d’étrangers ou de connaissances qui ne sont pas au courant de ma situation, qui ne savent rien de la guerre que je fais à mon infertilité depuis 5 ans, qui ne savent rien des morsures que j’infliges à mes joues à force de retenir mes larmes devant la parades des bedons et d’enfants de mon entourage peut passer.
Mais venant de toi, ca me tue.
Et ce qui tue encore plus que ca, si c’est possible, c’est qu’elle essaie de minimiser ta peine quand tu lui dis qu’elle t’a blessée.
Sous prétexte qu’elle se fait blesser elle aussi quand les spécialistes lui disent que c’est enfants sont handicapés.
Moi aussi les spécialistes me rappellent que je ne suis pas une vraie femme, que je suis incapable de remplir la seule fonction physique qui nous distingue des hommes. Ca me blesse, mais ils ne sont pas là pour te donner du soutien; ils sont là pour m’aider et me donner les faits.
Au moins ils ont d'autres solutions à me proposer que de me dire : fait toi une carapace... t'es pas la première qui passe par là!!!
D'ailleur, je te pourrais te dire la même chose pour tes enfants... après tout, t'es pas la première qui passe par là!!!